ArticlesNiger

Niger – Mohamed Bazoum : « Mahamadou Issoufou, Hama Amadou, les troisièmes mandats et moi… »

2 Mins read

C’est à lui que Mahamadou Issoufou souhaite passer le relais à l’issue de la présidentielle du 27 décembre. Un ami de trente ans, très connecté, parfois clivant, qui revendique sa liberté de ton.

Deux mandats de cinq ans et puis s’en va. Le fait est suffisamment rare de nos jours en Afrique pour que Mahamadou Issoufou mérite les éloges que lui décerne la communauté internationale. Mais le chef d’État sortant du Niger n’en a pas moins pris ses précautions : pour l’élection présidentielle, dont le premier tour se déroulera dans un mois, le 27 décembre, il s’est choisi un dauphin, qui, espère-t-il, sera son successeur. « Mon parti a des valeurs, et Mohamed Bazoum porte ces valeurs », confiait-il à Jeune Afrique en août 2019 pour expliquer sa décision d’adouber son compagnon de trente ans.À LIRE Mahamadou Issoufou : « Ma décision de respecter la Constitution et de ne pas me représenter est irrévocable »

Choix logique puisque le candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-Tarayya) est l’un des cofondateurs de la formation au pouvoir et un fidèle de la première heure. Mais choix audacieux tout de même que celui d’un ressortissant d’une communauté arabe de l’Est, très minoritaire, dont l’élection démontrerait que la société nigérienne a été suffisamment détribalisée pour que ce fait ne constitue plus un handicap.

Celui qui aura 60 ans le 1er janvier prochain part avec le statut de favori face à une opposition émiettée. Natif de la région de Diffa, diplômé en philosophie de l’université de Dakar, ancien syndicaliste étudiant puis enseignant, marxiste converti à la social-démocratie, Mohamed Bazoum a connu la clandestinité et les cellules des commissariats sous les régimes militaires de Seyni Kountché et d’Ibrahim Baré Maïnassara.

Élu député de Tesker à cinq reprises, cet homme de réseaux, excellent orateur, a été un ministre des Affaires étrangères actif et apprécié des chancelleries et, surtout, de 2016 à 2020, un ministre de l’Intérieur et de la Sécurité à poigne et au verbe volontiers tranchant. Cette image parfois clivante – qu’il réfute –, Mohamed Bazoum la compense par la science de topographe qu’il possède de son pays, dont il a arpenté tous les recoins.À LIRE Présidentielle au Niger : Mohamed Bazoum au pas de charge

Alors que Mahamadou Issoufou s’apprête à passer la main après avoir réussi la première transition entre deux présidents démocratiquement élus dans l’histoire du Niger, Mohamed Bazoum se tient prêt à être celui qui prendra le relais. À condition que le choix de son camarade soit aussi celui de ses concitoyens.

(Jeune Afrique)

Related posts
ArticlesCôte d'Ivoire

Politique en Côte d’Ivoire : Ouattara et Gbagbo « préfèrent l’injustice au désordre »

4 Mins read
Derrière les images des deux anciens rivaux tout sourires, c’est bien plus qu’une réconciliation qui se joue. Si, pour l’un comme pour…
ArticlesInternational

"Juste du racisme": en Afrique du Sud, les violences nourrissent les vieilles rancoeurs

3 Mins read
Inanda (South Africa) – Des sanglots couvrent les chants funèbres diffusés par les haut-parleurs, au-dessus du cercueil orné de fleurs. Njabulo Dlamini,…
ArticlesInternational

Cinéma : ce festival de Cannes aurait pu être celui de l’Afrique

4 Mins read
Malgré le grand nombre de films africains sélectionnés sur la Croisette, deux seulement ont obtenu des prix. Même si chacun a retenu,…
Power your team with InHype

Add some text to explain benefits of subscripton on your services.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *