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La stratégie de Macron en Afrique : panser le passé pour construire l’avenir

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La dernière tournée d’Emmanuel Macron en Afrique, du 27 au 29 mai, lors de laquelle il s’est rendu au Rwanda et en Afrique du Sud, illustre sa volonté de réinventer la relation de la France au continent. Il espère fonder un partenariat débarrassé des rancœurs passées, explique The Guardian.

Avec le soleil hivernal doré qui filtre à travers les palmiers et la pierre jaune, la scène est parfaite. Emmanuel Macron et Cyril Ramaphosa, le président sud-africain, descendent le tapis rouge des Union Buildings de Pretoria [le siège de la présidence], pendant que La Marseillaise retentit dans l’air vif.

Ce décor historique est approprié. Depuis sa prise de pouvoir en 2017, le président français s’efforce de remanier la stratégie, les relations et l’intervention de la France en Afrique, et il a choisi une façon très contemporaine de le faire : réexaminer le passé.

Il n’est pas le seul en Afrique à reconnaître l’importance de l’Histoire. L’Allemagne a accepté la semaine dernière de verser plus de 1 milliard d’euros à la Namibie pour le massacre de dizaines de milliers de Hereros et de Namas perpétré par les colons au début du XXe siècle – un geste de réconciliation et non une obligation juridique pour ce que Berlin considère désormais comme un “génocide”.

Concurrence mémorielle

D’autres jugent eux aussi que l’histoire du continent est un élément essentiel – et utile – aujourd’hui. La Chine, qui s’efforce d’étendre son influence en Afrique, souligne systématiquement le passé sanglant des puissances coloniales occidentales. La Russie invoque délibérément les relations et les mythes de la guerre froide et soutient – entre autres à l’Angola – que les liens d’antan tiennent toujours.

La Grande-Bretagne invoque le passé impérial du Commonwealth, avec la conviction quelque peu optimiste que les dirigeants et les citoyens des anciennes colonies se souviendront avec attendrissement de ses décennies de pouvoir exploiteur et parfois violent. Sans grand succès pour le moment, semble-t-il : ses premiers essais pour faire revenir le Zimbabwe au sein du Commonwealth ont échoué, et le gouvernement de cette ancienne colonie a récemment dévoilé dans le centre de la capitale, Harare, la statue d’une cheffe spirituelle [Mbuya Nehanda Nyakasikana] qui avait résisté à Cecil Rhodes et à la Compagnie britannique d’Afrique du Sud [entreprise par laquelle Rhodes organisa la conquête et la colonisation d’une partie de l’Afrique australe].

The Guardian

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