Burkina Faso

Mensonges, procès, et terroristes…

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Grandes manifestations, attaques terroristes, témoignages historiques au procès Sankara … l’actualité de ces dernieres semaines au Burkina Faso a de quoi faire tourner la tête de ses citoyens.

Le pays est confronté à de multiples défis et se trouve à la croisée des chemins.

Dans ce contexte très sensible, le Burkina Faso est de plus en plus au centre de l’attention des médias, qui ont pour habitude de distinguer et classer les évènements par catégorie. Simple façon d’éviter le mélange des genres: justice d’un coté, politique et sécurité de l’autre … mais s’est-on posé une fois la question d’une convergence des évènements ? Ou bien devons-nous résumer tout cela par un simple hasard de calendrier …

Le calendrier justement. Un travail journalistique simple de comparaison de dates pourrait soulever des questions légitimes:

Le 9 novembre, le CFOP lance un ultimatum au gouvernement le sommant de régler la crise sécuritaire dans le mois à venir (objectif noble certes mais néanmoins irréaliste),

et le 14 novembre, le drame d’Inata endeuillait le pays. Que peut-on conclure de cet étrange timing?

Les Burkinabè sont en droit de se poser des questions, car ce n’est pas la seule coïncidence du genre que l’on retrouve dans cette période troublée.

La courbe de dégradation sécuritaire suit étrangement celle de la dégradation juridique de Blaise Compaore et son comparse Gilbert Diendéré.

En avril dernier, la justice annoncait l’acte d’accusation contre Blaise Compaore dans le procès Sankara, et quelques semaines plus tard, on assistait à des attentats terroristes de masse dans le pays. Encore une fois, cela serait-ce le fruit du hasard?

Ce n’est un secret pour personne: Blaise Compaore communiquait avec les terroristes.
Au temps ou il était Président du Faso, sa stratégie consistait à “négocier” le calme avec les terroristes, à leur faire de luxueux cadeaux et à les accommoder pour acheter leur inaction. Il n’y a de doute pour personne : c’est Blaise Compaoré qui a fait entrer dans le pays, dans nos rues, dans notre capitale même, l’hydre terroriste.

Que reste-t-il aujourd’hui des contacts qui maintenaient ce système ? Est-il probable qu’ils soient encore à l’oeuvre alors que le procès Sankara met en lumière jour après jour des témoignages en la défaveur de Blaise Compaore et Gilbert Diendéré?

Pourquoi ces appels aux manifestations de masse se succèdent alors que l’on rentre justement dans les détails du procès Sankara avec l’audition de Diendéré? Cependant, si ces manifestations ont atteint un quelconque but, c’est bien celui d’avoir détourné, pendant quelques jours, l’attention sur le procès.

Selon des sources officielles, des manifestants, dont certains auraient meme scandé des slogans pour la libération de Diendéré, auraient reçu de l’argent venant de l’étranger pour jouer les fauteurs de troubles.

Car si le feuilleton Sankara a un gout de réchauffé et fait remonter à la surface des évènements historiques passés, l’enjeu n’en est pas moins important que la situation sécuritaire pour le pays.


Certes, la couverture du procès est moins spectaculaire que les attentats et les manifestations et ne représente pas un danger immédiat pour des vies humaines, mais il touche, en fin de compte, à un système de corruption qu’il faut finir de démanteler pour permettre au régime actuel de mener une politique stable.
Cette stabilité qui ne pourra s’installer sans réconciliation nationale, autre enjeu de ce procès.

Alors, assisterait-on avec tous ces évènements distincts aux derniers balbutiements d’un ancien système aux abois et à l’épilogue de la révolution de 2014? Blaise Compaoré jouerait-il le tout pour le tout pour ressusciter son régime et blanchir son nom ?

Affaire à suivre….

Par Anita Pettit

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